Foire aux questions du clip

1.         Faut-il être spécialiste en informatique pour animer des ateliers en détention ?

Il n'est pas nécessaire d'être un expert mais il faut cependant avoir de bonnes bases générales dans l'utilisation d'un poste de travail, des applications de bureautique et des services de l'internet.

Le CLIP met à la disposition des intervenants des outils (tels que des supports d’activités) et des modules de formation qui leur permettent de se perfectionner, éventuellement, et de se préparer à une intervention en détention.

Le démarrage en binôme, avec un intervenant expérimenté permet une adaptation progressive et rassurante.

2.         Quel est le profil souhaitable pour un intervenant du CLIP ?

Hommes et femmes sont les bienvenus dans les équipes, sans restriction, qu’il s’agisse d’un quartier « hommes » ou d’un quartier « femmes ».

Les aptitudes requises :

-    être à l'aise avec un ordinateur et accepter d’améliorer ses connaissances par les formations proposées par le CLIP au niveau national, ou organisées en interne par chaque groupe local,

-    être à l'écoute des besoins des personnes détenues qui se sont portées volontaires et ont été inscrites aux ateliers proposés par le CLIP,

-    avoir envie de transmettre ses connaissances et savoirs faire,

-    disposer au moins d’une demi-journée par semaine pour intervenir en détention. Nécessité de préparer en amont les exercices proposés

Les motivations souhaitables :

-    être intéressé par une expérience d'intervention en milieu pénitentiaire,

-    se sentir concerné par la situation des Personnes Placées Sous Main de Justice et leur réinsertion dans la société,

-    être convaincu qu'une maîtrise, même minimale, des outils informatiques est indispensable pour tout citoyen et particulièrement pour des personnes à fort risque de désocialisation comme les PPSMJ.

Le savoir-être et le savoir-faire doivent être associés aux connaissances techniques.

3.         Comment se déroule un atelier proposé par le CLIP ?

Selon leur savoir-faire ou leur projet, les personnes détenues sont initiées ou se perfectionnent à l’utilisation des logiciels de bureautique les plus courants ou à l’utilisation de logiciels plus spécifiques tels que : traitement de l’image, programmation, etc.

La finalité des ateliers du CLIP n’est pas d’aller vers une formation qualifiante, mais, de faire progresser les personnes et de les aider à se projeter dans l’avenir pour des situations personnelles ou professionnelles dans lesquelles l’usage d’un ordinateur leur sera utile.

Le principe : s’entretenir avec l’apprenant, lui faire exprimer ses besoins, se mettre à son niveau pour dégager le projet qui lui convient et fixer avec lui l’objectif à atteindre. La progression sera individuelle, chacun avançant à son rythme en évitant la situation d’échec et le modèle scolaire avec lequel il a été le plus souvent en rupture.

En aucun cas l’atelier CLIP ne devra être « occupationnel ».

4.         Comment le CLIP accompagne-t-il les nouveaux adhérents ?

-    Dès l’adhésion, par un stage de 2 jours organisé 4 fois par an à Paris au siège du CLIP pour, d’une part, une information sur le monde carcéral et, d’autre part, une sensibilisation aux aspects pédagogiques, savoir-être et savoir-faire ;

-    Par des formations techniques organisées à la demande ;

-    Par un accompagnement local, au sein d'une équipe, (intervention en binôme et réunions périodiques d’équipe) ;

-    Par des rencontres nationales.

Bien que les équipes soient dispersées dans le territoire, la cohésion de l’ensemble des intervenants est une préoccupation majeure.

5.         La sécurité des intervenants du CLIP est-elle assurée ?

Il faut être totalement rassuré sur ce point, pour deux raisons :

-    Les personnes détenues qui assistent aux ateliers sont des volontaires dont l’administration pénitentiaire a validé la présence aux activités en fonction de leur comportement ;

-    Les intervenants sont équipés d’une alarme portative et les surveillants se trouvent à proximité des salles de formation ;

Depuis l’origine de son activité le CLIP n’a jamais enregistré d’incident concernant la sécurité des bénévoles.

6.         Comment les apprenants perçoivent-ils les intervenants ?

-    Ils sont souvent surpris de découvrir que ce sont des bénévoles qui donnent du temps pour les accompagner ;

-    Ils apprécient la fenêtre de liberté et d'ouverture au monde que leur procure leur relation avec le formateur ;

-    Ils apprécient que l’intervenant n’ait rien à connaître de leur situation pénale et soit également indépendant vis-à-vis de l’administration pénitentiaire.

7.         Que veut dire insertion ou réinsertion pour le CLIP ?

À son échelle, le CLIP a pour objectif de représenter la société civile, non en tant que censeur, mais comme acteur sans a priori, susceptible d’aider la personne détenue dans sa réflexion, dans le rapport qu’il peut avoir à l’autre, à la vie. Grâce à l’intervenant qui a l’informatique comme outil de médiation, qui est neutre, indépendant, impartial et agit bénévolement, un pas peut être fait vers l’insertion ou la réinsertion sociale.

8.         Comment la participation aux ateliers du CLIP contribue au processus d’insertion ou réinsertion ?

-    Venir à l’atelier d’informatique à un horaire précis ;

-    Se présenter dans une tenue correcte ;

-    Échanger un mot de sympathie avec le groupe ;

-    S’initier dans un domaine inconnu, (ou se perfectionner) hors cadre scolaire ;

-    Mettre en œuvre un outil et concentrer sa réflexion pour parvenir à réaliser une tâche ;

-    Être accompagné par un intervenant qui aide, mais qui lui aussi parfois a des doutes ou des échecs ;

autant de points importants pour le détenu dont la vie a basculé depuis son incarcération et qui, en se soumettant aux usages sociaux habituels, continuera à garder un lien avec le monde extérieur.

Par ailleurs, les acquisitions qu’il pourra faire sur le plan informatique lui permettront de partager les évolutions techniques indispensables dans la société moderne, des techniques connues souvent de son entourage mais auxquelles il n’a pas eu accès jusque là, par indifférence, ou manque de moyens. Avec en arrière-fond un avantage à prendre en compte, lors de sa sortie et de sa recherche d’emploi.

9.         Rôle des validations dans l’insertion/réinsertion ?

Le CLIP a noué un partenariat avec différents organismes et en particulier l’AFPA, afin de permettre à certains détenus suffisamment assidus et intéressés d’obtenir des attestations de compétence dans les domaines qu’ils ont approfondis.

Même s’il ne s’agit pas de l’objectif premier des formations, ces attestations constituent pour les personnes détenues une forme de reconnaissance, importante sur trois plans :

-    Restaurer l’estime de soi pour des personnes en situation d’échec ;

-    Matérialiser l’effort consenti (je n’ai pas perdu mon temps) ;

-    Disposer d’un document – non marqué du sceau de l’administration pénitentiaire -utilisable dans le processus de réinsertion.

10.     Quel est le lien entre le CLIP et l’administration pénitentiaire ?

Le CLIP est un partenaire de l'administration pénitentiaire à différents niveaux :

-    Au niveau national, une convention définit les engagements réciproques de l'administration et du CLIP pour l'organisation de l'activité ;

-    Au niveau régional, le délégué régional (DR) du CLIP est en relation avec les responsables des services de l’administration pénitentiaire en charge des relations avec les partenaires de la réinsertion (SPIP), de l'éducation nationale, de l'informatique ;

-    Au niveau de l'établissement, le coordonnateur, en relation avec son référent local du SPIP, de l'administration ou de l'éducation nationale, organise l'activité locale du CLIP.

11.     Le CLIP est « apolitique ». Qu'est-ce que ça veut dire ?

Le CLIP ne participe pas à des débats politiques partisans. Le CLIP est la seule association nationale s'intéressant à la question de la réinsertion des détenus par la formation aux usages de l’informatique. À ce titre, il a la légitimité et la crédibilité pour participer aux débats de société concernant ce domaine.

12.     Que veut dire « être bénévole »

Le bénévolat associatif est défini (voir le site association.gouv.fr) comme :

Donner une partie de son temps, sans être rémunéré, aux activités de l’association.

La loi offre un certain nombre de garanties aux bénévoles, en particulier des possibilités de remboursement des frais engagés pour la mise en œuvre de leurs activités bénévoles. L’engagement doit être neutre financièrement (ni coûts, ni revenus). Les possibilités d’abandon ou de remboursement de frais offertes aux adhérents du CLIP vont dans ce sens.