Le CLIP et l'internet en détention

 

Plus que jamais, la problématique de l'usage de l'internet est placée au coeur des politiques de réinsertion sociale.

Internet c'est apprendre, s'informer, se distraire, communiquer, préparer ses vacances, travailler, utiliser les services publics et privés. Internet est présent partout, tout le temps dans nos vies. la plupart d'entre nous n'envisage plus de vivre sans internet. La vie serait bien plus compliquée. Ce qui est vrai pour nous est également vrai pour les personnes détenues.

Un exclu numérique était hier quelqu'un qui ne possédait pas d'ordinateur; c'est aujourd'hui quelqu'un que ne sait pas utiliser l'internet au profit de son enrichissement personnel.

Dans ce contexte, il n'est pas possible de traiter la question de la réinsertion de détenus sans évoquer cette question, sans proposer de piste de réflexion, sans proposer de solution contribuant à faire de la prison un temps utile.{C}

 

Individualiser l'exécution de la peine

Il faut partir du principe que l'espace de liberté que procure l'internet ne peut être ouvert à tous les détenus. Son usage doit être géré comme une sorte d'autorisation de sortie. L'internet peut permettre la communication avec des complices, le harcèlement de victimes ou même la prolongation de certains crimes ou délits. Aligner l'autorisation d'accès sur la contrainte maximum revient à l'interdire pour tout le monde. Nous sommes dans cette situation. On pourrait en revanche envisager que le juge autorise certains détenus à accéder à l'internet de la même façon qu'il en autorise d'autres à sortir dans la journée.

 

Contôler son usage

Le contrôle permet de vérifier l'usage que fera le détenu de l'espace de liberté qui lui est accordé. Il est beaucoup plus facile de tracer l'activité sur internet que de contrôler l'activité d'un détenu en autorisation de sortie ou en semi liberté. le contrôle de l'activité internet des détenus doit apporter les mêmes garanties de protections de la société que le contrôle pratiqué sur les PPSMJ en semi liberté ou en bracelet électronique. De plus, le contrôle électronique peut apporter des informations intéressantes sur le comportement du détenu en société. Il faut donc mettre en place des moyens techniques permettant une surveillance efficace plutôt que sur une censure impossible à maintenir dans le temps.

 

Eduquer à l'usage de l'internet

La plupart des jeunes ne font qu'un usage simpliste de l'internet : Facebook et You tube. Aider à découvrir en quoi l'internet peut les aider à résoudre des problèmes quotidiens, donner envie de s'informer, d'apprendre sur internet peut être un enjeu de formation que le CLIP pourrait prendre en charge dans le cadre d'une activité encadrée.

 

Conclusion

Il n'y a pas de véritables obstacles à l'expérimentation d'activités encadrées d'éducation à l'internet en détention. C'est une question de volonté politique. Le CLIP est prêt à participer à toute expérimentation sur ce sujet comme il l'a fait pour les cyber-bases.